Inge Kerkloh est Directrice Executif Global Business Development & Innovation à HEC Paris Executive Education. En parallèle, elle participe à des réseaux internationaux d’enseignement supérieur (GNAM, UNICON) et des organisations telles que l’Observatoire Commedia, l’IFA, etc. Inge travaille également avec des Fonds d’investissements américains qui investissent dans ‘l’éducation 2.0’.

La formation est en constante évolution, et des disruptions majeures sont prédites dans ce secteur. Nous échangeons aujourd’hui à ce sujet, avant de la retrouver sur la scène des Sommets du Digital, les 4, 5 et 6 février 2019.

 

Comment pouvons-nous actuellement prendre en compte les évolutions rapides du marché du travail ? Nous observons une pénurie de cerveaux notamment sur des métiers très techniques. Instaurer des quotas serait-il une solution envisageable pour répondre à ces enjeux ?

Pas sûr que les quotas puissent répondre à ce besoin !

L’institut de recherche du cabinet de conseil, McKinsey, a lancé une dernière étude, intitulée «Technology, Jobs and the future of work », pour décrire les métiers de demain, mentionne Noura Digital Bouakline. Les résultats sont sans appel : Les jeunes de la génération Y sont mal préparés au marché du travail selon 60% des employeurs interrogés, aussi bien d’un point de vue compétences techniques que relationnelles. Selon cette même étude, un tiers des nouveaux emplois créés aux Etats-Unis au cours des 25 dernières années n’existaient pas auparavant…. Autant vous dire qu’il faudra évoluer, changer et s’adapter aux nouveaux métiers !

Il faut créer les formations techniques dès le plus jeune âge, adapter l’enseignement supérieur et développer la formation ‘ tout au long de la vie’ dite également formation continue.

 

Certaines évolutions nous poussent à penser que les diplômes et longues études ont de moins en moins de poids, face à un recrutement basé sur les softs skills. Qu’en pensez-vous ?

L’acquisition et la validation des compétences restent un enjeu majeur. Même des acteurs disruptifs du monde de l’éducation, comme Coursera, ont très vite fait évoluer leur model et proposent de plus en plus des formations … diplômantes ! La marque des universités et écoles joue un rôle important. Mais il faudra ‘revenir sur les bancs de l’école’. Un diplôme obtenu à 20 ans ne vous garantira plus une carrière jusqu’à 70 ans… !

Je ne pense pas qu’on puisse faire ‘l’économie’ des ‘hardskills’. Connaître les fonctionnements de la finance, ou comprendre les nouvelles technologies, des algorithmes et leurs impacts sur la vie de l’entreprise seront des qualités essentielles dans le monde de demain.

Si vous ne connaissez pas le fonctionnement de la blockchain, vos ‘softskills’ ne suffiront pas pour réussir dans les organisations de demain.

Ce qui n’empêche pas l’importance des softskills dans un monde globalisé et complexe.

 

Une autre évolution majeure est celle du développement du travail indépendant, en opposition au salariat. Cette évolution est-elle véritablement observée auprès des diplômés et des entreprises ?

Une étude récemment réalisée par HEC démontre que 25 % des diplômés d’HEC (Grande Ecole, MBA, Executive Education) créent leur entreprise après leurs diplômes, au lieu de rejoindre les filières ‘classiques’ de salariat.

Ceci est un très grand challenge pour les grands groupes, qui cherchent à attirer les meilleurs talents. Ils multiplient les initiatives d’intrapreuneriat, de congés sabbatiques et de mobilités pour offrir un projet professionnel intéressant aux futurs générations de dirigeants.

Les entreprises font appel à des compétences à l’extérieur de leur propre organisation, des indépendants, des start-ups pour compléter leurs projets, notamment d’innovation. Elle permet aussi une agilité de l’organisation.

Est-ce que demain nous aurons un seul employeur ? Une question qui se posera.

 

Comment appréhendez-vous les enjeux sociétaux auxquels nous faisons face actuellement ? Alors que HEC forme des dirigeants de grandes entreprises. Est-ce que vous vous sentez en devoir de responsabiliser les jeunes ?

« Notre rôle en tant que professeurs est de former les décideurs, et de leur faire prendre conscience des conséquences de leurs décisions, pas uniquement pour eux ou pour leur organisation, mais aussi à l’échelle de notre société », Professeur Rodolphe Durand, directeur académique du centre Society and Organizations, @HECParisSnO.

« Les entreprises sont des moteurs du changement et jouent un rôle essentiel dans l’évolution des sociétés. Lorsqu’on dirige une organisation, il faut être capable de comprendre en quoi votre organisation répond aux nouveaux impératifs sociaux et environnementaux »

 

Quelle place est aujourd’hui donnée aux nouvelles technologies dans la formation ?

Par exemple : les enseignements technologiques sont en forte augmentation ! Notre partenariat stratégique avec Polytechnique nous permet, par exemple, de proposer des formations de doublement diplômantes (X/HEC).

Notre collaboration avec ECOLE 42 contribue également au renforcement des enseignements technologiques. Les étudiants apprennent à coder ‘dans la piscine’.

L’apport des formations technologiques est fondamental. Au-delà de l’enseignement supérieur, la connaissance technologique devrait prendre une place bien plus importante dans l’enseignement supérieur. Elle sera essentielle dans le ‘décryptage’ du monde de demain.

La technologie permet également la formation à distance, online, gaming, réalité virtuelle. La Formation ‘any time, any device, anywhere’ est un atout majeur pour former un plus grand nombre, et surtout en continu.

La technologie permet également de collecter de la data sur la façon dont les élèves apprennent, nous sommes tout juste au début de voir ce que la data peut apporter à l’éducation.

HEC a commencé très tôt à mettre en ligne les premiers MOOCS, des Executive Online Certificates, des programmes sur mesure. En allant jusqu’à créer en 2017 le premier diplôme d’HEC entièrement en ligne, un’ Master of Sciences in Innovation & Entrepreunership.’

 

La stratégie de développement d’HEC est très intéressante. Parmi les investissements réalisés, l’école à récemment ouvert un campus en Afrique de l’Ouest. Quels sont les enjeux de ce développement en Afrique ?

Le développement Africain démographique (la population Africaine doublera d’ici 2050 ; 1,2 milliards aujourd’hui, 2,5 milliards estimés en 2050) n’est plus à démontrer.

L’évolution économique est très forte (avec une croissance de plus de 7% en Côte d’Ivoire, par exemple). 6 des 10 pays de plus fortes croissances du monde sont Africains (source : courrier international).

Comment HEC peut contribuer au développement grâce à l’émergence et l’accompagnement des talents locaux ? L’enjeux est stratégique pour HEC.

Bâtir des ponts entre l’Europe et l’Afrique, HEC veut être un acteur de la transformation des économies, du développement des compétences des dirigeants au travers des programmes d’executive education. C’est une ambition clé pour HEC.

Ces talents locaux seront demain les entrepreneurs et les dirigeants qui transformeront l’Afrique.

 

Question cash / Réponse cash : Une école comme HEC est-elle aussi menacée par toutes ces évolutions discutées ?

Comment ne pas devenir le ‘KODAK’ des Business School de demain ?

Comment être une ‘start up innovante’ avec plus de 130 ans d’histoire !

Etre capable de saisir l’opportunité de la disruption et diffuser le savoir dans le monde entier, être parmi les 10 premières Business Schools du monde.

 

Le mot de la fin : pourquoi venir aux Sommets du Digital ?

Pour contribuer à #bousculer, #inspirer, #connecter !

4ème opus : une édition qui s’annonce plus inspirante que jamais !

Les 4, 5 et 6 février 2019 se tiendra à La Clusaz la 4e édition des Sommets du Digital.

Un événement hors du commun qui, une fois encore, bousculera notre cadre de référence, agitera nos neurones et marquera durablement nos esprits.

Devenu un rendez-vous incontournable de l’hiver, Les Sommets du Digital rassemblent une communauté de décideurs, innovateurs et influenceurs de calibre international, qui se retrouvent durant 3 jours à La Clusaz pour s’inspirer, partager et imaginer demain.

Parmi les points forts de cette prochaine édition :

  • le TGV des Sommets, en partenariat avec la SNCF : un voyage animé qui donnera un avant-goût de l’événement avant même d’y arriver !
  • le télécabine pitch : l’occasion pour chaque participant de faire des rencontres business inédites, à 30 mètres de hauteur et de nuit, dans des télécabines !
  • le plateau TV mobile : en direct pendant les 3 jours, suivi à distance par plus de 60 000 personnes
  • de nouveaux formats de conférences : conférence ignite, conférence jeu interactive, conférence créative, conférence détox …
  • un programme plein de surprises, d’une qualité et d’une générosité rarement égalées.

Depuis 3 ans, Les Sommets du Digital ne cessent d’évoluer et de surprendre.  Les valeurs du début sont restées intactes : convivialité, authenticité, exigence, générosité. Mais l’événement gagne en puissance chaque année, sous l’impulsion de son fondateur Xavier Wargnier. Chaque édition pousse plus loin la qualité et l’inventivité, et gagne en résonance et en visibilité. La 4e édition s’annonce plus inspirante que jamais…
« On place la barre toujours plus haut, ce qui est presque un pléonasme quand on parle de sommets » martèle Xavier Wargnier à qui veut bien l’entendre. « Cette 4e édition sera un must, je m’y engage ! »

Soixante speakers, zéro bullshit
La qualité et la diversité des conférences est un pilier de l’événement. Aux Sommets du Digital, les speakers n’ont pas de profil-type, pas de parcours-type. Pour choisir ses invités, Xavier Wargnier se tourne vers ceux qui sont portés par une profonde envie de bousculer, d’inspirer et de partager. Les formats d’intervention sont courts pour être plus percutants et largement participatifs entre la scène et la salle. Pas d’auto-promo, pas de bullshit, et une parité absolue entre femmes et hommes.
Ils parleront des enjeux qui transforment notre quotidien et interrogent notre avenir. Ils nous donneront des clés pour comprendre, s’adapter et réagir dans un monde qui change plus profondément et plus rapidement que jamais. Ils exploreront, sous des angles très concrets, les thèmes de l’intelligence artificielle, les nouveaux comportements clients, la sécurité, le changement de civilisation, les ruptures, les nouveaux business, la communication digitale, le numérique et l’environnement, le management réinventé, les datas…

Les premiers noms des speakers 2019 ici : http://les-sommets-du-digital.com/speakers/

#bousculer #inspirer #connecter #somdig19

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Les Sommets du Digital

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