Alexis Poulin cumule 15 ans d’expérience dans les médias, les relations internationales et les affaires publiques. Il est journaliste et co-fondateur du média Le Monde Moderne.

Alexis intervient également pour le Huffington Post , Arte, France 24 , France Info, BFM TV, RCF et chronique Europe sur Le Media.

Les récentes actualités mettent en avant de nombreux défis économiques et politiques internationaux. Nous échangeons à ces sujets en attendant Les Sommets du Digital, les 4, 5 et 6 février prochains !

 

Quels sont les enjeux économiques mondiaux auxquels nous devront faire face dans les prochaines années ?

A moyen, comme à court terme, nous avons à craindre une nouvelle crise systémique des marchés. Depuis la dernière, celle de 2008, l’Europe et les régulateurs internationaux ont essayé de mettre en place quelques filets de sécurité, trop minces pour être efficaces lors d’un prochain krach. Aujourd’hui l’orthodoxie budgétaire de la zone euro est mise à mal par l’Italie et les politiques d’austérité n’ont fait qu’accentuer la montée en puissance des partis d’extrême droite, jouant le jeu de la nation contre l’internationalisation. Il faut trouver un sens à l’économie, qui aujourd’hui lui fait défaut : si la majorité des populations s’estime perdante malgré la croissance, à qui profite la compétition économique et les accords commerciaux internationaux ? Il faut rééquilibrer la redistribution entre travail et capital et dompter, sans soumettre, les marchés afin de limiter la hausse des inégalités. Malgré les appels de nombreux économistes, nous sommes encore loin de voir de nouvelles politiques économiques internationales, qui auraient pour but l’accroissement du niveau de vie de tous, l’exigence environnementale et la prise en compte de l’absurdité mortifère  du principe de la croissance infinie.

 

Quelles sont, selon vous, les impacts du protectionnisme croissant ?

Une redistribution des intérêts. Les Etats-Unis de Trump emmène tout un système vers un protectionnisme industriel, qui n’empêche en rien l’interpénétration financière. Les dettes des Etats restent des valeurs sûres, qui s’échangent sur toutes les bourses du monde et la volatilité des marchés reste la loi. Si il y a un impact, il est d’abord politique, remettant le principe de souveraineté au cœur de la dynamique des pouvoirs. Hélas, en Europe, il est difficile de faire cohabiter ou même coopérer souveraineté nationale et souveraineté européenne. Ce protectionnisme fonctionne surtout pour de grands ensembles dominants : Chine, US, et Russie en tête.

 

Que penser des grandes batailles économiques qui se jouent actuellement entre la Chine et les Etats-Unis, quels impacts concrets pour la France ? On peut penser que, encore une fois, la France subit le poids des deux continents voisins, puisqu’en parallèle, une bataille se joue entre BATX et GAFA.

Evidemment, la France semble bien désarmée face aux géants des deux pôles économiques de l’innovation, mais en économie, comme en biologie, l’agilité est une force et nous sommes peut-être à l’aube de l’extinction des dinosaures du net. Ou, plutôt qu’une extinction, une transformation. Les crises successives de Facebook ou Alphabet (vols de donnée des utilisateurs, manque de transparence), Google qui refuse un marché de défense suite à une consultation de ses employés, sont les symptômes d’un changement d’ère. Ces monstres numériques vont être contraints à faire exploser leurs monopoles pour assurer leur survie via une branche d’activité ou une autre. En France, nous avons de solides investisseurs, des formations et des mathématiciens que le monde nous envie et surtout, un cadre législatif protecteur et porteur, grâce à la prise de conscience très rapide (pour une fois) des institutions européennes !

 

Pensez-vous que l’Etat doit prendre acte face à la domination des grands acteurs GAFA et prochainement BATX en France ?

L’Etat le fait déjà ! Le Ministère de la défense a remis en cause le contrat passé avec Palantir et souhaite privilégier une solution 100% française. Attention cependant à la précipitation, qui a déjà amené le fiasco du logiciel de paie des armées LOUVOI et un ratage en beauté avec Parcoursup. Sommes nous prêts à notre autonomie numérique ? La réponse est non, que ce soit pour les services du Cloud, la blockchain ou les deeptech, qui vont nécessiter de lourds investissements. C’est là encore à l’Europe d’assurer un cadre et une coopération dans l’intérêt des pays européens. Il faut arrêter de rêver aux licornes, mais chercher les écureuils qui passeront « l’âge de glace ».

 

Qu’est-ce qui vous insurge le plus aujourd’hui ?

L’injustice et le manque de moyens que les gouvernements allouent pour lutter contre les inégalités. On demande toujours la responsabilité et la frugalité aux plus pauvres, jamais aux plus riches. Aucune loi ces dernières années n’est venue contraindre les banquiers à arrêter leurs malversations et leurs pratiques antisociales, aucune loi n’a demandé de contreparties réelles aux grands groupes après les mesures fiscales en leur faveur. Aujourd’hui, les premiers à se plaindre de la montée des populismes sont ceux-là même qui ont créé les conditions de la colère populaire. Au 21e siècle, nous en sommes à nous poser les mêmes questions que Hobbes sur la nature du Leviathan, or à notre époque, même la science et la raison sont en crise. Sans moralisme aucun, la nécessité politique doit nous poser urgemment la question de nos limites.

 

Question cash – réponse cash : Sommes-nous en train de créer une guerre commerciale mondiale ?

Pourquoi commerciale ? Nous sommes en train de créer les conditions d’une nouvelle guerre mondiale, le plus simplement du monde, comme  nous l’avons toujours fait, en poussant le système financier à la faillite assurée, en agitant les peurs xénophobes et niant la dimension cosmopolite de l’humain et en refusant de lutter contre les inégalités. Nos démocraties sont en danger, le système représentatif est à bout. Le clientélisme, qui est la base de notre organisation politique depuis Rome n’a que très peu bougé ces derniers siècles : regardez le pouvoir quasi illimité des lobbies, le financement des partis politiques par moins de 1% des populations et le jeu des mafia, peu inquiétées dans leurs exil fiscal. Malgré la prise de conscience populaire de l’urgence écologique, aucun gouvernant n’est aujourd’hui  à la hauteur du défi. L’hypocrisie et l’absence d’imagination nous conduisent à une faillite collective, malgré les poches de résistances de plus en plus nombreuses.

 

Le mot de la fin : pourquoi venir aux Sommets du Digital ?

Pour sauver le monde, pardi ! Et en bonne compagnie !

4ème opus : une édition qui s’annonce plus inspirante que jamais !

Les 4, 5 et 6 février 2019 se tiendra à La Clusaz la 4e édition des Sommets du Digital.

Un événement hors du commun qui, une fois encore, bousculera notre cadre de référence, agitera nos neurones et marquera durablement nos esprits.

Devenu un rendez-vous incontournable de l’hiver, Les Sommets du Digital rassemblent une communauté de décideurs, innovateurs et influenceurs de calibre international, qui se retrouvent durant 3 jours à La Clusaz pour s’inspirer, partager et imaginer demain.

Parmi les points forts de cette prochaine édition :

  • le TGV des Sommets, en partenariat avec la SNCF : un voyage animé qui donnera un avant-goût de l’événement avant même d’y arriver !
  • le télécabine pitch : l’occasion pour chaque participant de faire des rencontres business inédites, à 30 mètres de hauteur et de nuit, dans des télécabines !
  • le plateau TV mobile : en direct pendant les 3 jours, suivi à distance par plus de 60 000 personnes
  • de nouveaux formats de conférences : conférence ignite, conférence jeu interactive, conférence créative, conférence détox …
  • un programme plein de surprises, d’une qualité et d’une générosité rarement égalées.

Depuis 3 ans, Les Sommets du Digital ne cessent d’évoluer et de surprendre.  Les valeurs du début sont restées intactes : convivialité, authenticité, exigence, générosité. Mais l’événement gagne en puissance chaque année, sous l’impulsion de son fondateur Xavier Wargnier. Chaque édition pousse plus loin la qualité et l’inventivité, et gagne en résonance et en visibilité. La 4e édition s’annonce plus inspirante que jamais…
« On place la barre toujours plus haut, ce qui est presque un pléonasme quand on parle de sommets » martèle Xavier Wargnier à qui veut bien l’entendre. « Cette 4e édition sera un must, je m’y engage ! »

Soixante speakers, zéro bullshit
La qualité et la diversité des conférences est un pilier de l’événement. Aux Sommets du Digital, les speakers n’ont pas de profil-type, pas de parcours-type. Pour choisir ses invités, Xavier Wargnier se tourne vers ceux qui sont portés par une profonde envie de bousculer, d’inspirer et de partager. Les formats d’intervention sont courts pour être plus percutants et largement participatifs entre la scène et la salle. Pas d’auto-promo, pas de bullshit, et une parité absolue entre femmes et hommes.
Ils parleront des enjeux qui transforment notre quotidien et interrogent notre avenir. Ils nous donneront des clés pour comprendre, s’adapter et réagir dans un monde qui change plus profondément et plus rapidement que jamais. Ils exploreront, sous des angles très concrets, les thèmes de l’intelligence artificielle, les nouveaux comportements clients, la sécurité, le changement de civilisation, les ruptures, les nouveaux business, la communication digitale, le numérique et l’environnement, le management réinventé, les datas…

Les premiers noms des speakers 2019 ici : http://les-sommets-du-digital.com/speakers/

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