Marion est  une entrepreneure, pionnière dans le domaine de l’économie collaborative en France. En 2007, elle crée Zilok, 1er site de location d’objets ente particuliers. Quelques années plus tard, elle lance OuiCar, une plateforme de location de voitures entre particuliers. Ce nouveau service se développe rapidement et devient un véritable succès. En 2015, SNCF investit 28 millions d’euros dans OuiCar et prend la majorité du capital.

Depuis, Marion s’est éloignée de l’opérationnel en 2018 et a confié la direction de OuiCar à Benoit Sineau tout en restant actionnaire et membre du board de OuiCar.

Dans l’aventure OuiCar se mêlent à la fois la volonté d’une économie plus collaborative, et la dimension entrepreneuriale propre aux start-ups et enviée par les grandes entreprises. Nous échangeons sur ces sujets, avant de retrouver Marion sur la scène des Sommets du Digital, les 4, 5 et 6 février 2019.

 

Pensez-vous que toutes les entreprises ont intérêt à adopter le modèle de management des start-ups ?

Je ne sais pas bien quel est « le modèle de management » des start-ups. Je pense qu’il existe plusieurs modèles. L’important pour moi, quelle que soit la structure, c’est que les salariés se sentent moteurs et responsables, et que leurs décisions ou choix aient de l’impact pour l’entreprise. Rien de pire que l’accumulation de strates décisionnaires, qui engendrent une déresponsabilisation totale et donc une démotivation quasi systématique. Le fait de travailler en petites équipes autour de projets, de donner de la latitude aux salariés pour expérimenter et d’insuffler du « test and learn » à tous les niveaux est primordial pour une équipe. Elle voit ainsi les projets avancer et comprend les éventuels changements de cap. Une start-up se doit d’être réactive, rien de pire que l’immobilisme. Mieux vaut se tromper vite et réajuster !

 

Quelques années après votre rencontre avec la SNCF, avez-vous pu observer la naissance de synergies entre Ouicar et la SNCF ? La SNCF bénéficie-t-elle réellement de la flexibilité de Ouicar ?

Quand nous nous sommes rencontrés avec SNCF en 2015, c’était comme une évidence : 40% de la location de voitures se fait en gares ou aéroports, la gare est donc un lieu stratégique pour nous. En parallèle, la SNCF voulait proposer une solution « porte à porte » de mobilité : le train permet d’aller de gare en gare, mais avant/après le train, SNCF souhaitait proposer des solutions de mobilité adaptées, y compris dans les plus petites gares. Il existe environ 3000 gares en France, seules 150 environ disposent d’une agence de location de voitures. OuiCar permet de louer une voiture partout y compris dans des plus petites gares.

C’est sur la base de ces synergies que nous déployons l’ensemble de nos partenariats avec SNCF. Mais OuiCar est resté une start-up totalement indépendante, nous ne sommes pas intégrés dans les équipes SNCF.

 

L’acquisition de Ouicar fait partie de la volonté de la SNCF d’offrir des voyages en door-to-door avec une expérience seemless. Est-ce une obligation pour toutes les entreprises d’offrir ce type d’expérience ?

La simplicité d’usage est clé pour toute entreprise me semble-t-il. Le succès d’Uber est pour moi l’exemple le plus flagrant : une appli d’une simplicité totale extrêmement bien faite a permis en quelques mois de révolutionner le secteur du taxi et du VTC. Mettre le client au cœur du système, améliorer sans cesse son produit, tester et recommencer, sont les préoccupations quotidiennes des start-ups. Les grandes entreprises ont beaucoup évolué dans ce sens, mais c’est là où les start-ups ont un avantage par rapport aux grandes entreprises : pas d’historique, pas de systèmes lourds à transposer, on part de l’usage et on tente de le simplifier. C’est certainement plus compliqué pour une grande entreprise, car ça nécessite une remise en cause des systèmes classiques.

 

La flexibilité et la rapidité d’action sont des capacités propres aux start-ups. Plus largement, comment peut-on accélérer les processus ?

Le test and learn est très efficace, il permet de mettre tout le monde d’accord autour des bonnes metrics, de ne pas se laisser emporter par les avis de chacun. L’épreuve des chiffres et le retour client sont infaillibles. Encore faut-il se donner les moyens de les accueillir, de se mettre d’accord sur les metrics avant même de lancer le test… Je crois aussi beaucoup aux petites équipes autonomes.

 

A propos de l’économie collaborative, celle-ci évolue et nous éloigne des modèles purement collaboratifs comme Wikipedia ou Couchsurfing par exemple. On multiplie les intermédiaires, on premiumise les services… Est-ce qu’on ne se perd pas finalement ?

Les modèles collaboratifs cités sont des modèles gratuits. Ce sont de fabuleux modèles mais qui reposent sur le fait que l’utilisateur est prêt à donner de son temps (ou autre) gratuitement, ce qui peut limiter le nombre d’utilisateurs concernés.  Permettre à des gens sur OuiCar de gagner de l’argent avec une voiture qui dort 95% de son temps est plutôt sain et permet d’une part, aux propriétaires d’amortir le coût élevé d’une voiture et d’autre part, pour le locataire de trouver une voiture à 2 pas de chez lui. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde. OuiCar réunit toutes les conditions (contrat dématérialisé, assurance, caution…) pour que tout se passe au mieux. C’est normal également que la plateforme se rémunère pour ça. Ça n’enlève en rien le côté collaboratif de la chose. Les plateformes collaboratives se sont professionnalisées et c’est tant mieux !

 

Question cash / réponse cash : Peut-on toujours voir l’économie collaborative comme une vraie transition à l’économie actuelle ?

C’est un prolongement de l’économie classique qui optimise les ressources produites. Elle ne remplacera pas l’économie traditionnelle puisqu’elle a besoin des ressources de l’économie traditionnelle pour se développer, mais elle en est complémentaire.

Sur Zilok, nous louons tous types d’objets. Pour donner un exemple, une perceuse est utilisée 12 min en moyenne dans sa vie de perceuse alors qu’elle a été fabriquée pour fonctionner des milliers d’heures. Sur Vinted, vous pouvez donner une 2nde vie à vos vêtements. Tout ça va dans le bon sens, lutte contre la surproduction et contre le gaspillage.

 

Le mot de la fin : pourquoi venir aux Sommets du Digital ?

Par curiosité. L’envie de partager, échanger, rencontrer de nouvelles personnes ; le tout autour d’une bonne fondue j’espère ! J

4ème opus : une édition qui s’annonce plus inspirante que jamais !

Les 4, 5 et 6 février 2019 se tiendra à La Clusaz la 4e édition des Sommets du Digital.

Un événement hors du commun qui, une fois encore, bousculera notre cadre de référence, agitera nos neurones et marquera durablement nos esprits.

Devenu un rendez-vous incontournable de l’hiver, Les Sommets du Digital rassemblent une communauté de décideurs, innovateurs et influenceurs de calibre international, qui se retrouvent durant 3 jours à La Clusaz pour s’inspirer, partager et imaginer demain.

Parmi les points forts de cette prochaine édition :

  • le TGV des Sommets, en partenariat avec la SNCF : un voyage animé qui donnera un avant-goût de l’événement avant même d’y arriver !
  • le télécabine pitch : l’occasion pour chaque participant de faire des rencontres business inédites, à 30 mètres de hauteur et de nuit, dans des télécabines !
  • le plateau TV mobile : en direct pendant les 3 jours, suivi à distance par plus de 60 000 personnes
  • de nouveaux formats de conférences : conférence ignite, conférence jeu interactive, conférence créative, conférence détox …
  • un programme plein de surprises, d’une qualité et d’une générosité rarement égalées.

Depuis 3 ans, Les Sommets du Digital ne cessent d’évoluer et de surprendre.  Les valeurs du début sont restées intactes : convivialité, authenticité, exigence, générosité. Mais l’événement gagne en puissance chaque année, sous l’impulsion de son fondateur Xavier Wargnier. Chaque édition pousse plus loin la qualité et l’inventivité, et gagne en résonance et en visibilité. La 4e édition s’annonce plus inspirante que jamais…
« On place la barre toujours plus haut, ce qui est presque un pléonasme quand on parle de sommets » martèle Xavier Wargnier à qui veut bien l’entendre. « Cette 4e édition sera un must, je m’y engage ! »

Soixante speakers, zéro bullshit
La qualité et la diversité des conférences est un pilier de l’événement. Aux Sommets du Digital, les speakers n’ont pas de profil-type, pas de parcours-type. Pour choisir ses invités, Xavier Wargnier se tourne vers ceux qui sont portés par une profonde envie de bousculer, d’inspirer et de partager. Les formats d’intervention sont courts pour être plus percutants et largement participatifs entre la scène et la salle. Pas d’auto-promo, pas de bullshit, et une parité absolue entre femmes et hommes.
Ils parleront des enjeux qui transforment notre quotidien et interrogent notre avenir. Ils nous donneront des clés pour comprendre, s’adapter et réagir dans un monde qui change plus profondément et plus rapidement que jamais. Ils exploreront, sous des angles très concrets, les thèmes de l’intelligence artificielle, les nouveaux comportements clients, la sécurité, le changement de civilisation, les ruptures, les nouveaux business, la communication digitale, le numérique et l’environnement, le management réinventé, les datas…

Les premiers noms des speakers 2019 ici : http://les-sommets-du-digital.com/speakers/

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