Pierre Chappaz est un entrepreneur de renom, reconnu en France et à l’international. Il est  aujourd’hui le Président Directeur Général de Teads, une startup devenue « grownup » de la publicité : au moins 350 millions d’euros de revenus en 2018, 700 employés (dans le monde entier),  partenaire exclusif des 2/3 des plus grands éditeurs mondiaux, rassemblant une audience de 1,2 milliards de visiteurs uniques par mois… Teads se positionne aujourd’hui comme une alternative à Google et Facebook sur la publicité.

Pierre Chappaz sera présent en tant que speaker aux Sommets du Digital.

La publicité est toujours en forte croissance, principalement sur le web, mais on observe une désaffection générale des consommateurs pour celle-ci. Parlons-en !

Les annonceurs ont-ils conscience de la désaffection des consommateurs pour la publicité ? Les messages délivrés semblent perdre leur sens initial et les consommateurs détournent même des marques.

PC : Il n’y a pas de désaffection des consommateurs pour le publicité ! ce que les gens ne supportent pas c’est l’abus de pubs, et surtout d’être obligés de voir des publicités qui ne les concernent pas. Et c’est très souvent le cas quand on regarde la télé ! Cela existe aussi sur le web, sauf que l’Internet permet de diffuser des publicités plus pertinentes, grâce aux données disponibles sur les centres d’intérêt des consommateurs. Je ne dis pas que tout est parfait, mais il me paraît difficile de nier les progrès réalisés dans les dernières années, avec des publicités moins intrusives et plus pertinentes. Quand à la supposée désaffection des consommateurs pour les marques, je vous laisse la responsabilité de cette appréciation, je n’en vois nulle trace. Au contraire les marques investissent de plus en plus sur Internet au détriment des medias traditionnels, et elles le font parce que ça marche : la publicité sur le Net permet tout à la fois de développer leur notoriété et leur image, et de générer des ventes.

Le choix de la publicité semble se faire de façon unilatérale, puisque les marques font tout pour atteindre le client et lui voler du temps. Mais, au fond, on a l’impression que personne ne prend en compte la demande. Que veulent les consommateurs ?

C’est Patrick Le Lay, l’ancien patron de TF1, qui disait que son métier consiste à « vendre du temps de cerveau disponible aux annonceurs ». Sur Internet, media de l’hyper-information et de l’hyper-sollicitation, le challenge des marques, et par voie de conséquence le métier de sociétés comme Teads, consiste à capter l’attention des internautes. Capter leur attention pour leur proposer d’engager une relation, sur le web et dans le monde réel. La bonne utilisation des données disponibles permet de présenter des pubs intéressantes, je l’ai déjà dit. Mais pour capter l’attention de l’internaute et le séduire, il faut aussi l’aborder avec respect : la publicité est un contenu qu’il doit être libre de consommer ou d’ignorer sans être gêné dans sa navigation. Et il faut utiliser au mieux les capacités d’interaction géniales offertes par les smartphones. Ainsi nous avons présenté au dernier Festival Cannes Lions la première publicité en réalité augmentée : sur la démo vous voyez une pub pour Rayban d’apparence absolument normale, avec un bouton « toucher pour essayer » : touchez et hop ! vous vous retrouvez avec les lunettes sur le nez ! vous pouvez tourner la tête, vous admirer sous tous les angles sur l’écran de votre smartphone ! libre à vous ensuite de décider ou non d’acheter le produit. Il me semble que ce type de pub montre bien à quel point Internet permet de faire des choses réellement intéressantes et utiles pour les consommateurs comme pour les marques.

De plus, sur le web, la data est souvent mal ou peu utilisée et on se retrouve avec des publicités non ciblées ou qui n’incluent pas un certain nombre d’informations nécessaire pour avoir une annonce efficace. La question finalement n’est-elle pas de savoir s’il y a trop de mauvaises pubs ?

Il y a encore trop de mauvaises pubs, mal ciblées à cause de mauvaises données. Le plus irritant dans le genre étant ces pubs qui vous proposent à toute force d’acheter un produit que vous avez regardé sur un site marchand. Elles ne vous lâchent plus, vous suivent partout sur l’Internet, même quand vous l’avez déjà acheté ! c’est un exemple malheureusement typique de mauvaises données qui produisent de mauvaises pubs. Je précise que nous ne faisons pas ce type de pub chez Teads : si les données que nous utilisons pour vous proposer une publicité ne sont pas bonnes, nous vous afficherons simplement une pub sans intérêt pour vous. Dans ce cas ce sera pour vous comme pour toutes ces pubs qui ne vous concernent pas qu’on vous inflige à la télé (sourire).

Quelles sont les prochaines tendances dans la publicité ? Comment doit, selon-vous, évoluer la publicité ?

Le mobile est en passe de devenir le cœur de la publicité, car les gens y passent plus de temps que devant leur écran télé. Bientôt les campagnes de publicité seront conçues « mobile first », et non plus « TV first ». On produira des films et des annonces pour le mobile, on les testera car sur Internet on peut tout mesurer, y compris l’agrément et l’efficacité des pubs, et ensuite on déclinera la création sur les autres media, télé, affichage, presse… Mais changer les habitudes des agences et des annonceurs prend du temps. 90% des campagnes que nous diffusons sur mobile sont encore des spots télé. Il nous faut alors les adapter, les enrichir, parfois les raccourcir, pour en faire une expérience plus attractive sur les smartphones.

Dans les autres tendances, j’ai déjà mentionné la réalité augmentée, mais il y a aussi l’interaction vocale avec la pub : dans l’avenir pour pourrez poser toutes les questions que vous voulez à une pub, comme s’il s’agissait d’un vendeur en magasin ! nous l’avons déjà testé avec Tommy Hilfilger.

Question cash – réponse cash : Avec le digital, la publicité est-elle devenue trop invasive ?

Cette question posée il y a un an ou deux aurait mérité une réponse Oui. Mais l’industrie s’est auto-régulée, et les publicités les plus génantes ont quasiment disparu, à l’instar de ces pubs plein écran qui vous bloquaient dans votre navigation. Il y a encore beaucoup de progrès à faire, notamment avec les pubs video qu’on ne peut pas toujours fermer. Mais fondamentalement avec le digital, la publicité devient progressivement un vrai service : voyez l’exemple de Ray Ban que j’ai cité plus haut.

Le mot de la fin : pourquoi venir aux Sommets du Digital ?

Pour rencontrer des entrepreneurs. Et puis je viens en voisin, j’habite Genève.

4ème opus : une édition qui s’annonce plus inspirante que jamais !

Les 4, 5 et 6 février 2019 se tiendra à La Clusaz la 4e édition des Sommets du Digital.

Un événement hors du commun qui, une fois encore, bousculera notre cadre de référence, agitera nos neurones et marquera durablement nos esprits.

Devenu un rendez-vous incontournable de l’hiver, Les Sommets du Digital rassemblent une communauté de décideurs, innovateurs et influenceurs de calibre international, qui se retrouvent durant 3 jours à La Clusaz pour s’inspirer, partager et imaginer demain.

Parmi les points forts de cette prochaine édition :

  • le TGV des Sommets, en partenariat avec la SNCF : un voyage animé qui donnera un avant-goût de l’événement avant même d’y arriver !
  • le télécabine pitch : l’occasion pour chaque participant de faire des rencontres business inédites, à 30 mètres de hauteur et de nuit, dans des télécabines !
  • le plateau TV mobile : en direct pendant les 3 jours, suivi à distance par plus de 60 000 personnes
  • de nouveaux formats de conférences : conférence ignite, conférence jeu interactive, conférence créative, conférence détox …
  • un programme plein de surprises, d’une qualité et d’une générosité rarement égalées.

Depuis 3 ans, Les Sommets du Digital ne cessent d’évoluer et de surprendre.  Les valeurs du début sont restées intactes : convivialité, authenticité, exigence, générosité. Mais l’événement gagne en puissance chaque année, sous l’impulsion de son fondateur Xavier Wargnier. Chaque édition pousse plus loin la qualité et l’inventivité, et gagne en résonance et en visibilité. La 4e édition s’annonce plus inspirante que jamais…
« On place la barre toujours plus haut, ce qui est presque un pléonasme quand on parle de sommets » martèle Xavier Wargnier à qui veut bien l’entendre. « Cette 4e édition sera un must, je m’y engage ! »

Soixante speakers, zéro bullshit
La qualité et la diversité des conférences est un pilier de l’événement. Aux Sommets du Digital, les speakers n’ont pas de profil-type, pas de parcours-type. Pour choisir ses invités, Xavier Wargnier se tourne vers ceux qui sont portés par une profonde envie de bousculer, d’inspirer et de partager. Les formats d’intervention sont courts pour être plus percutants et largement participatifs entre la scène et la salle. Pas d’auto-promo, pas de bullshit, et une parité absolue entre femmes et hommes.
Ils parleront des enjeux qui transforment notre quotidien et interrogent notre avenir. Ils nous donneront des clés pour comprendre, s’adapter et réagir dans un monde qui change plus profondément et plus rapidement que jamais. Ils exploreront, sous des angles très concrets, les thèmes de l’intelligence artificielle, les nouveaux comportements clients, la sécurité, le changement de civilisation, les ruptures, les nouveaux business, la communication digitale, le numérique et l’environnement, le management réinventé, les datas…

Les premiers noms des speakers 2019 ici : http://les-sommets-du-digital.com/speakers/

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