Qu’est-ce que la disruption dans un monde transformé par le digital et dirigé par la data ? Sergine Dupuy nous fait part de son expertise digitale. Elle est aujourd’hui fondatrice et CEO du groupe RedPill. Son quotidien est rythmé par la création de start-ups disruptives à forte valeur ajoutée : BeeBoss, Apecare, RelevanC, etc.

Sergine Dupuy est également membre du conseil d’administration de l’Observatoire de l’Ubérisation.

Elle sera speakeuse aux Sommets du Digital, pour échanger avec vous, les 5, 6 et 7 février 2018.

Sergine Dupuy, vous avez fondé Redpill en 2015. Avec ce Start Up Studio, vous développez des nouvelles entreprises disruptives en vous appuyant sur le digital et la data. Alors on se demande, comment être disruptif aujourd’hui ? Comment ne pas se faire disrupter ?

Etre disruptif, c’est se donner la liberté et les moyens de remettre en cause son modèle, quand bien même il aurait nourri le P&L de l’entreprise depuis un siècle. C’est savoir proposer une solution, la création d’une expérience ou de manière générale un nouveau modèle, sans ne voir cette création qu’au prisme des contraintes métier ou marché traditionnelles (concurrence traditionnelle, gouvernance, lourdeur bureaucratique, etc…)
Anticiper que l’ennemi peut être différent de soi. Réapprendre à concevoir sans contrainte. Et une fois les bonnes décisions prises ou les bonnes intentions clarifiées, se faire accompagner par un partenaire véloce, techno et libre de toute gouvernance empesée.

Parlez-nous des nouveaux contenus à valeur ajoutée. Est-ce que le marché est prêt à s’en servir ? Si l’on prend pour exemple la réalité virtuelle. Dans quel cas la réalité virtuelle peut-elle être un vrai plus pour l’expérience client ?

Je crois beaucoup aux nouvelles formes de contenus et plus globalement aux nouvelles formes d’expériences et de services.
La réalité virtuelle pourra en effet peut-être être une innovation apportant un plus indéniable, mais je ne pense pas qu’aujourd’hui ce soit une innovation créant des opportunités business de masse en dehors du gaming et des applications B2B. La promesse est très forte mais ne semble pas avoir été délivrée pleinement dans son exécution.
Je pense en revanche que bien d’autres innovations peuvent changer le monde, notamment celui du consommateur et ce plus massivement et rapidement que la VR, comme l’intelligence artificielle et/ou les applicatifs et agents intelligents.
Google Home en est un exemple assez prometteur.

Il est important de s’intéresser à la data et d’en récolter, encore faut-il savoir s’en servir.  Comment utiliser de façon pertinente la data ?

Je pense que le sujet est moins de savoir comment s’en servir, que de savoir ce que l’on veut en faire. Les moyens vont changer en fonction de l’objectif (Comprendre ? Mesurer ? Activer ? Personnaliser ?). La Data n’est qu’une vision quantitative de la réalité au service d’une stratégie. Aujourd’hui, derrière le trop fréquent écran de fumée du jargon se cache la possibilité de (presque) tout savoir et d’agir en conséquence. Beaucoup de sociétés se sont équipées des outils avant de se poser la question des use case et des objectifs derrière ceux-ci. La clarté stratégique et le pragmatisme sont les seuls besoins pour utiliser la data de façon pertinente. Ensuite, il faut savoir exécuter, et je pense que la stratégie des petits pas concrets et donc de la dynamique des petites victoires successives est la meilleure.

Question cash – réponse cash : Est-ce de la provocation de dire que l’uberisation est positive et créatrice aussi ?

Je fais en effet parti de ceux qui pensent que l’ubérisation (même si le terme est sans doute mal choisi), n’engendre pas que des écueils mais a aussi ses vertus. Elle représente une formidable opportunité de libéralisation des énergies, donnant aux entreprises les moyens de proposer facilement du service et aux citoyens les moyens d’arrondir leur fin de mois, de se constituer un revenu, de remettre un pied à l’étrier, de se sentir utile etc, sans avoir pour autant des qualifications très pointues. Par ailleurs, cela correspond aux attentes des consommateurs, friands de propositions de services simples, accessibles de partout, géolocalisés et à prix modérés.
Alors, un grand OUI pour l’Ubérisation, mais à la « française », dans le respect des travailleurs et des consommateurs, avec quelques améliorations concernant la bienveillance sociale.

Le mot de la fin : Pourquoi venir aux Sommets du Digital?

Pour rencontrer, écouter, observer, partager ☺

Sergine Dupuy est speaker aux Sommets du Digital.

Les Sommets du Digital est l’événement de l’hiver sur la transformation digitale ! Pendant 3 jours s’enchaînent des conférences de haut-niveaux et des moments de networking autour d’animations et d’ateliers business.

Les Sommets du Digital ont lieu les 5, 6 et 7 février 2018, à la Clusaz.

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